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SNCF Voyageurs : Christophe Fanichet remplacé par le tandem Trevisani-Mougenot

jeudi 23 juillet 2026

Le 21 juillet 2026, Jean Castex a annoncé la fin des fonctions de Christophe Fanichet à la présidence de SNCF Voyageurs et une refonte de la gouvernance de la filiale.

Christophe Fanichet, figure de l’ouverture à la concurrence

Christophe Fanichet dirigeait SNCF Voyageurs depuis plusieurs années. Sous sa présidence, la filiale a conduit l’adaptation de l’entreprise à l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire français, processus progressivement engagé à partir du début des années 2020 sous l’impulsion des directives européennes. Sur les grandes lignes comme sur certains segments régionaux, des opérateurs alternatifs ont commencé à proposer leurs propres services, obligeant la SNCF à repenser son positionnement commercial et tarifaire. L’Alsace, qui a révélé l’information le 21 juillet, présente Fanichet comme « l’architecte de l’ouverture à la concurrence ».

Son départ est justifié officiellement par la volonté de Jean Castex d' »impulser une nouvelle dynamique et de nouvelles orientations stratégiques » pour SNCF Voyageurs. Le Monde, qui a analysé la décision le 22 juillet, rapporte que le président de la SNCF a choisi de modifier la gouvernance de la filiale voyageurs, signant ainsi la fin d’une séquence que Fanichet avait largement incarnée.

Un binôme pour deux registres de responsabilité

La principale nouveauté de cette réorganisation est la séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, jusqu’alors cumulées dans un seul poste de PDG. Laurent Trevisani, qui assurait la direction générale déléguée stratégie et finances du groupe SNCF, prend la présidence du conseil. Son double ancrage dans la stratégie et le pilotage financier le positionne comme l’interlocuteur de la maison mère sur les grandes orientations et les équilibres économiques de la filiale.

Jean-Aimé Mougenot, nommé directeur général, prend en charge les opérations. SNCF Voyageurs gère un périmètre très étendu, du TGV et des Intercités aux TER régionaux et aux Transilien d’Île-de-France, en passant par l’offre low-cost Ouigo, soit plusieurs dizaines de millions de voyageurs par an. Coordonner les équipes de conduite, de maintenance et de vente, et répondre aux attentes des autorités organisatrices de transport représente un travail de direction au quotidien qui justifie à lui seul un poste dédié.

Cette dissociation des fonctions est une pratique répandue dans les grandes entreprises cotées, où elle permet de distinguer le rôle de supervision stratégique du conseil de celui de la direction exécutive. Elle s’appliquait moins fréquemment aux filiales de groupes publics de réseau. Son adoption par SNCF Voyageurs constitue un signal de gouvernance notable, adressé aussi bien aux régions et à l’État, partenaires contractuels de la filiale, qu’aux concurrents qui scrutent l’évolution interne de l’opérateur historique.

Les premiers chantiers du tandem Trevisani-Mougenot

SNCF Voyageurs concentre les activités de transport de personnes et supporte à ce titre une forte exposition publique. La qualité du service et la ponctualité font l’objet d’une attention médiatique et politique constante. Le nouveau binôme hérite de plusieurs chantiers déjà engagés. Le renouvellement du parc de trains intercités et l’amélioration de la fiabilité, en coordination avec SNCF Réseau, figurent parmi les priorités immédiates, auxquelles s’ajoute le déploiement d’outils numériques pour l’information voyageur.

Sur le plan financier, la filiale est liée à l’État et aux conseils régionaux par des conventions de service public qui impliquent des obligations de desserte en contrepartie de compensations budgétaires. Dans un contexte de pression sur les finances publiques, la maîtrise des coûts d’exploitation et la négociation des futurs contrats figureront parmi les priorités de Trevisani à la présidence. Sa provenance directe de la direction financière du groupe suggère que ces enjeux d’équilibre économique ont pesé dans son choix.

Par ailleurs, l’ouverture à la concurrence reste un processus en cours. De nouveaux appels d’offres sur des lignes régionales pourraient voir des opérateurs privés entrer en compétition directe avec la SNCF dans les prochaines années. La façon dont Mougenot articulera la réponse commerciale de SNCF Voyageurs, en mobilisant les leviers tarifaires et de qualité de service dont dispose la filiale, sera l’un des premiers indicateurs concrets de l’efficacité du nouveau dispositif.

La réorganisation de SNCF Voyageurs s’inscrit dans une période de fortes attentes en matière de report modal et de contraintes persistantes sur les infrastructures ferroviaires. Le tandem Trevisani-Mougenot devra composer avec ces réalités dès les prochains mois, avec comme première échéance la définition des orientations stratégiques que Jean Castex a annoncé vouloir renouveler.

Photos : groupe-sncf.com et IA