Benjamin Revcolevschi prend la tête d'Amazon Web Services France
mercredi 16 septembre 2026
Benjamin Revcolevschi prend la tête d'Amazon Web Services France en septembre 2026, dans un marché du cloud en pleine recomposition...
Un marché français du cloud sous tension concurrentielle
Amazon Web Services est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de cloud public, en concurrence directe avec Microsoft Azure, Google Cloud et les principaux fournisseurs européens. En France, le groupe joue un rôle structurant dans la migration des systèmes d’information des grandes entreprises vers des architectures cloud et dans le déploiement de capacités de calcul nécessaires à l’adoption de l’intelligence artificielle. Sa filiale française, qui compte parmi ses clients des membres du CAC 40 et plusieurs grandes organisations publiques, occupe une position centrale dans la stratégie européenne du groupe.
La nomination de Benjamin Revcolevschi, annoncée le 11 septembre 2026, intervient alors que les questions de souveraineté numérique et de localisation des données ont pris une place croissante dans les arbitrages des directions générales françaises, alimentant des réflexions sur les modèles hybrides et les alternatives aux fournisseurs non européens. Nommer un dirigeant ayant piloté OVHcloud, acteur souvent cité dans ce débat, répond à cette sensibilité du marché, sans pour autant signaler une inflexion dans le positionnement global d’AWS.
D’OVHcloud à Amazon : un parcours entre conseil et cloud
Le profil de Benjamin Revcolevschi est celui d’un dirigeant formé à la croisée du conseil stratégique et des opérations technologiques. Avant de rejoindre OVHcloud comme directeur général, il a exercé au Boston Consulting Group, où il a développé une expertise en transformation des organisations et en stratégie sectorielle. Un passage chez Fujitsu, géant japonais des technologies de l’information, lui a apporté une exposition aux logiques de déploiement de solutions IT dans des environnements industriels et administratifs d’envergure internationale.
C’est toutefois son mandat chez OVHcloud qui constitue le chapitre le plus significatif de sa trajectoire avant cette nomination. En tant que directeur général de ce fournisseur européen de cloud, il a géré la montée en charge des infrastructures du groupe, son développement commercial à l’international et son positionnement face aux acteurs américains. Ce contexte lui a donné une connaissance directe des attentes des entreprises françaises en matière de conformité réglementaire et de réversibilité, deux critères que les directions générales placent au premier rang de leurs exigences vis-à-vis d’un partenaire cloud.
Les enjeux d’une prise de fonction dans un marché en recomposition
Le Figaro Décideurs rapporte que Benjamin Revcolevschi place l’obsession pour le client au cœur de sa vision managériale, une posture qui s’aligne avec la culture d’Amazon, structurée autour de ce principe. Cette convergence ne résout pas pour autant les défis opérationnels de la filiale française : accélérer l’adoption du cloud au sein d’organisations parfois prudentes, développer une offre adaptée aux secteurs régulés comme la banque ou la santé, construire une relation de long terme avec des entreprises attentives à la maîtrise de leur patrimoine numérique.
La transition depuis OVHcloud représente également un changement d’échelle notable. OVHcloud est un acteur de premier plan à l’échelle européenne, mais AWS opère dans une logique de plateforme mondiale, avec des ressources et un écosystème de services sans équivalent chez ses concurrents directs. La capacité à articuler ces atouts globaux avec une proximité réelle auprès des clients et des pouvoirs publics français constitue l’un des principaux défis opérationnels de cette prise de fonction.
Sa nomination intervient par ailleurs au moment où plusieurs grandes entreprises françaises engagent des chantiers de transformation liés à l’IA générative et à la montée des usages de données à grande échelle. AWS, qui propose une gamme étendue de services dans ces domaines, est directement concerné par ces décisions d’investissement. Disposer d’un directeur général reconnu des directions générales françaises peut représenter un atout dans ce cycle de renouvellement des contrats et de structuration des partenariats stratégiques.
